A/HRC/44/10
serait doté de pleines compétences judiciaires et pourrait soumettre à la Cour
constitutionnelle des mémoires en qualité d’amicus curiae.
58.
Le Gouvernement avait élaboré une loi consacrée aux minorités nationales afin de
réglementer et de garantir l’exercice sans entrave des droits des personnes appartenant à ces
minorités, de définir les responsabilités de l’État et des collectivités locales et de réactiver
le Conseil des minorités nationales, rattaché au Premier Ministre.
59.
L’Arménie combattait en permanence les discours haineux, en particulier à l’égard
des femmes, de lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres, et des militants en faveur des
droits de l’homme. Le nouveau projet de code pénal prévoyait que la responsabilité pénale
soit engagée en cas d’incitation à l’hostilité, à la haine ou à l’intolérance nationale,
ethnique, raciale, politique, idéologique ou religieuse.
60.
La réforme judiciaire était la priorité numéro un du Gouvernement. En 2019, il avait
lancé une stratégie globale et étendue de réformes judiciaires et juridiques, assorties de
plans d’action, dans le but d’améliorer et de renforcer l’indépendance, l’impartialité et
l’efficacité du système judiciaire. L’amélioration de l’efficacité des tribunaux au moyen de
mécanismes alternatifs de règlement des litiges en était l’un des grands axes.
61.
La lutte contre la corruption restait l’une des grandes priorités. L’Arménie avait
engagé des réformes élargies et ambitieuses de lutte contre la corruption et avait adopté une
stratégie globale en la matière, ainsi qu’un plan de mise en œuvre sur trois ans. La stratégie
avait posé les grandes lignes du cadre institutionnel national de lutte contre la corruption,
par la conceptualisation de l’exercice des pouvoirs de prévention, d’enquête et de
répression et la mise en place de synergies efficaces entre eux.
62.
L’Arménie en était à la dernière étape de la ratification de la Convention d’Istanbul.
Les projets de code pénal et de code de procédure pénale étaient déjà pleinement conformes
à la Convention.
63.
Un chapitre distinct du nouveau code pénal était consacré aux infractions portant
atteinte aux intérêts de la famille et de l’enfant. Dans ce cadre, il était envisagé d’inclure le
corps du délit de vente d’enfants. La stratégie nationale de protection des droits de l’homme
prévoyait des actions concrètes en faveur de la protection de l’enfance. Le Gouvernement
était en train de renforcer le système de justice pour mineurs par la mise en place d’un
conseil interinstitutionnel permanent de la justice pour mineurs.
64.
En 2019, le Gouvernement avait avalisé la stratégie de réforme pénitentiaire visant à
améliorer les conditions de détention, notamment matérielles, d’hygiène et de santé, et à
mettre en place des programmes d’activités et des offres de formation professionnelle et
d’emploi pour les détenus.
65.
En coopération étroite avec les organismes publics compétents, les cas de torture et
de mauvais traitements faisaient l’objet d’enquêtes, qui étaient susceptibles de se multiplier.
Il convenait de souligner les efforts déployés à cet égard par le mécanisme national de
prévention rattaché au Bureau du Défenseur des droits de l’homme.
66.
Conformément à la nouvelle réglementation relative aux cas de violence familiale, le
procureur général engagerait des poursuites pénales, qu’il y ait ou non dépôt de plainte par
une victime.
67.
S’agissant des infractions visant les lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres, toutes
les allégations faisaient l’objet d’un examen approfondi, et les forces de l’ordre se
consacraient dûment à enquêter sur les mobiles de ces actes.
68.
Afin de prévenir la torture et les mauvais traitements, la police appliquait un certain
nombre de mesures législatives et concrètes. La loi sur la police régissait l’utilisation
d’enregistrements audio et vidéo par la police, et une formation à leur utilisation était
menée pour les membres des forces de l’ordre. L’Arménie poursuivait également
l’amélioration des conditions de détention, et les recommandations du Défenseur des droits
de l’homme et d’autres observateurs de la vie publique étaient prises en compte.
69.
La réforme du droit électoral avait conduit à l’adoption en 2016 d’un nouveau code
électoral. Le Bureau des institutions démocratiques et des droits de l’homme de
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GE.20-04228