A/HRC/48/17
71.
La délégation a apprécié le fait que la Commission nationale des droits de l’homme
de la Sierra Leone continuait à recevoir un appui du Programme des Nations Unies pour le
développement, du HCDH, de l’Ambassade d’Irlande, du Réseau des institutions nationales
africaines des droits de l’homme, de l’Ambassade de Chine et de la délégation de l’Union
européenne en Sierra Leone.
72.
Des politiques et des activités avaient été élaborées dans des domaines tels que la
détention provisoire, la surpopulation carcérale et les retards accumulés dans les juridictions.
Les autorités travaillaient sur un programme de réforme holistique de la justice pénale, qui
prévoyait le désencombrement et la modernisation des centres de détention.
73.
S’agissant de l’accès à la justice, un certain nombre d’institutions judiciaires avaient
été constituées, notamment le tribunal modèle pour les infractions sexuelles, le tribunal
spécialisé dans la lutte contre la corruption et le service d’aide juridique. Selon la délégation,
les autorités avaient continué à renforcer les lois relatives à la lutte contre la corruption, et le
Président, Julius Maada Bio, avait insisté pour que personne ne soit épargné dans la lutte
contre la corruption.
74.
Le pouvoir judiciaire bénéficiait des garanties constitutionnelles d’indépendance, de
compétence et d’impartialité des juges, et ses capacités avaient été renforcées.
75.
Le Gouvernement avait aboli la peine de mort et attendait que le Parlement soit
disponible pour présenter les projets de loi amendés aux fins de leur adoption.
76.
Le Gouvernement s’était dit préoccupé par la question des droits fonciers et par le
désavantage dont les femmes souffraient, en raison des lois coutumières, en ce qui concerne
le transfert de terres. Les autorités étaient pleinement déterminées à respecter et à protéger
une propriété foncière équitable et légale.
77.
Le Parlement, pour faire face au problème de l’accès équitable à l’eau potable, à un
coût abordable, et pour garantir un assainissement et une hygiène adéquats, avait adopté trois
lois en 2017. La délégation a déclaré que certes des problèmes subsistaient, mas que des
progrès importants avaient été accomplis.
78.
S’agissant de la liberté d’expression, la loi incriminant la diffamation, qui donnait aux
dirigeants politiques le pouvoir de faire taire leurs critiques ou leurs opposants, avait été
abrogée en 2020. Conséquence directe de cette abrogation, toutes les affaires pénales de
diffamation qui étaient devant une juridiction avaient fait l’objet d’un rejet.
79.
La délégation a déclaré que le Gouvernement déplorait que certaines manifestations
politiques aient entraîné des morts, des blessés et des destructions. La police et la
Commission nationale des droits de l’homme avaient enquêté sur ces affaires et des
poursuites étaient engagées, et une Commission indépendante sur la paix et la cohésion
nationale était en cours de création.
80.
S’agissant du projet de loi sur la cybercriminalité, selon la délégation, rien dans ce
projet ne pouvait être utilisé pour étouffer la liberté d’expression ou les médias. En outre, la
Sierra Leone avait consulté ses partenaires régionaux et de développement lors de la
rédaction du projet de loi.
81.
Déplorant certains cas d’usage excessif de la force par des agents de police, la
délégation a déclaré que les agents dévoyés feraient l’objet d’une enquête et seraient
sanctionnés s’ils étaient reconnus coupables, et qu’il était prévu de dispenser une formation
plus approfondie à la police.
82.
S’agissant des mesures de lutte contre la corruption, trois commissions d’enquête
avaient été créées pour enquêter sur les allégations de concussion visant des fonctionnaires
de l’administration précédente. Le Gouvernement suivrait les recommandations des
commissions, en se concentrant sur la restitution des richesses volées plutôt que sur des
sanctions pénales.
83.
La délégation a indiqué que la politique interdisant l’initiation des filles de moins de
18 ans au moyen de mutilations génitales restait en vigueur et que le taux de mutilations
génitales féminines avait diminué, passé de 98 % en 2007 à 78 % en 2019.
GE.21-09349
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