A/HRC/41/17 81. Le Gouvernement prévoyait de promouvoir l’égalité entre les sexes et l’éducation sexuelle pour éliminer la discrimination et la violence fondée sur le genre, notamment en intégrant l’égalité hommes-femmes dans le cadre politique et le plan de développement national, en réduisant la disparité entre les sexes en matière d’éducation, en favorisant la formation professionnelle et l’esprit d’entreprise des femmes, en luttant contre la violence familiale et les sévices sexuels aux femmes et aux enfants, en élevant la moralité sociale, la dignité des femmes et la famille cambodgienne, en améliorant les services juridiques pour les femmes et les enfants, ainsi qu’en appliquant le cadre directeur de protection sociale 2016-2025. 82. Malgré l’absence de cadre politique ou juridique régissant les droits des lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres, le Gouvernement avait pris des mesures pour éliminer la discrimination à l’égard de ce groupe en organisant des campagnes publiques de sensibilisation diffusées par les médias et dans le cadre de l’enseignement tant classique que non scolaire. Le droit civil ne reconnaissait pas la légitimité de la célébration et de l’enregistrement du mariage homosexuel, mais il ne réprimait pas ce type de mariage et de pratique. Le mariage homosexuel était de fait très répandu dans la société cambodgienne, selon des pratiques traditionnelles et culturelles. Un millier environ de couples de même sexe s’étaient déjà mariés dans le cadre d’une réception et d’une cérémonie traditionnelle. 83. La réconciliation nationale donnait lieu à une véritable volonté de toutes les parties de privilégier l’intérêt national, sans dépendre des puissances étrangères. Les mesures prises actuellement par le Cambodge contre Kem Sokha et des institutions coupables de trahison et de complot constituaient le seul moyen légitime de préserver la paix et la démocratie en respectant la légalité. Les actes de trahison, d’espionnage et de complot avec une puissance étrangère qui préconisait le renversement d’un gouvernement légitime étaient passibles de sanctions rigoureuses selon la loi de tous les pays et le Cambodge ne faisait pas exception. L’État regrettait toutefois que la seule mesure légitime possible pour un État souverain avait été politisée au nom des « droits de l’homme et de la démocratie », au motif d’intérêts géopolitiques d’autres États. 84. Le Cambodge était un paradis pour des organisations non gouvernementales. Comptant au total 15 millions d’habitants seulement, le Cambodge, étonnamment, accueillait quelque 6 000 associations et organisations non gouvernementales locales ou internationales enregistrées, ainsi que plus de 4 000 syndicats : phénomène relativement notable par rapport à d’autres pays de la région. Depuis l’adoption de la loi sur les associations et les organisations non gouvernementales, 509 associations locales et 400 organisations non gouvernementales locales s’étaient enregistrées auprès du Ministère de l’intérieur, fin novembre 2018. Un tel nombre d’organisations de la société civile était une preuve manifeste et irréfutable de l’ouverture de l’espace public à la société civile. Malheureusement, certaines organisations, censées apparemment s’occuper d’affaires humanitaires ou de développement, se livraient en réalité à des activités politiques financées par des institutions et des gouvernements étrangers. Le Cambodge rendait hommage à la part réelle et objective prise par des travailleurs des secteurs social, environnemental et des droits de l’homme au développement du pays. Toutefois, nul n’était au-dessus de la loi et les délinquants seraient soumis à la pleine application de la législation, notamment ceux qui ont utilisé et exploité le programme des droits à des fins politiques. 85. Le Cambodge a également évoqué plusieurs points encourageants soulevés par la Rapporteuse spéciale sur la situation des droits de l’homme au Cambodge dans sa déclaration de fin de mission du 8 novembre 2018. La Rapporteuse spéciale s’est félicitée de la création récente d’un groupe de travail gouvernemental sous l’égide du Ministère de l’intérieur, chargé de consulter périodiquement la société civile. Elle a également salué la nouvelle directive no 040 du 31 octobre 2018, adressée le même jour par le Ministère de l’intérieur aux autorités subnationales et abrogeant l’obligation de préavis de trois jours. 86. Le Cambodge avait ratifié huit des neuf principaux instruments internationaux relatifs aux droits de l’homme. Le Gouvernement avait également examiné différents facteurs pour déterminer quels seraient le moment et les conditions voulues pour adhérer à d’autres instruments internationaux ou les ratifier. GE.19-05712 9

Sélectionner le paragraphe cible3