A/HRC/39/7
l’indépendance du pouvoir judiciaire. Les juges étaient désormais nommés à vie ; ils
prenaient leur retraite à l’âge de 65 ans, alors que l’âge du départ à la retraite des magistrats
de la Cour suprême était fixé à 70 ans. La responsabilité de l’appui matériel et technique
aux tribunaux, précédemment confiée au Ministère de la Justice, avait été transférée à la
Cour suprême elle-même. Comme exemple des progrès accomplis, on pouvait citer le fait
qu’en 2017, pas moins de 262 personnes avaient été acquittées, contre seulement 4 en 2016.
En outre, des jugements d’acquittement ou des peines non privatives de liberté avaient été
prononcés dans les procès, très médiatisés, de journalistes indépendants et de défenseurs
des droits de l’homme accusés d’atteinte à l’ordre constitutionnel.
9.
Grâce aux réformes engagées dans le secteur de la société civile en faveur des ONG,
celles-ci avaient bénéficié, entre autres, de la suppression des procédures d’enregistrement
qui leur imposaient des restrictions injustifiées, d’une exonération de 10 types d’impôts, de
la levée des restrictions à l’ouverture de comptes bancaires et de l’introduction de
l’enregistrement par voie électronique. Plus de 9 200 ONG étaient actives sur le territoire
ouzbek, et des locaux avaient été mis à leur disposition à titre gracieux.
10.
En ce qui concerne la corruption, une nouvelle loi sur les marchés publics avait été
élaborée afin de renforcer la transparence de ces marchés et d’éliminer la corruption.
11.
Fondé en 2017, le Bureau du Commissaire aux entreprises était un organe non
judiciaire, créé pour protéger les droits des chefs d’entreprise. Indépendant des autorités et
des agents publics, il n’était soumis qu’à la Constitution et à la législation. Ses activités et
ses tâches, réglementées par une loi adoptée en août 2017, consistaient à élaborer une
politique d’État visant à défendre et à développer la création d’entreprises, à veiller à ce que
les droits des chefs d’entreprise soient respectés par les organes publics, à fournir une
assistance juridique aux entreprises et à garantir la liberté d’entreprendre. Le Bureau avait
déjà examiné plus de 1 500 plaintes, et un service d’assistance téléphonique, ainsi qu’un
site Web avaient également été mis en place pour faciliter la communication avec les
entreprises. Pour ce qui était des propositions qui avaient été faites concernant le
rétablissement de chefs d’entreprise dans leurs droits, sur 20 affaires, 8 avertissements
avaient été émis et 2 procès avaient été engagés pour un montant de 500 000 sum.
B.
Dialogue et réponses de l’État examiné
12.
Au cours du dialogue, 77 délégations ont fait des déclarations. Les recommandations
faites à cette occasion figurent dans la partie II du présent rapport.
13.
La Belgique s’est félicitée de la libération de plusieurs prisonniers politiques et de
l’assouplissement de certaines restrictions à la liberté d’expression. Elle a cependant fait
remarquer qu’il existait un écart important entre les obligations internationales qui
incombaient à l’Ouzbékistan et leur mise en œuvre sur le terrain.
14.
L’Argentine a félicité l’Ouzbékistan d’avoir adopté la stratégie relative aux cinq
axes prioritaires du développement.
15.
La Bulgarie a encouragé l’Ouzbékistan à prendre des mesures pour assurer
l’application des nouvelles lois et politiques publiques, et à renforcer l’indépendance et
l’efficacité du Commissaire aux droits de l’homme, conformément aux Principes
concernant le statut des institutions nationales pour la promotion et la protection des droits
de l’homme (Principes de Paris).
16.
Tout en félicitant l’Ouzbékistan de s’attaquer aux problèmes qui se posaient dans le
domaine des droits de l’homme, y compris le travail des enfants dans le secteur du coton, le
Canada a dit espérer que le pays poursuivrait ses avancées dans la lutte contre le
harcèlement, notamment des acteurs de la société civile et des journalistes.
17.
Le Chili a salué la coopération de l’État ouzbek avec l’Organisation des Nations
Unies, et les diverses modifications apportées à la Constitution en vue d’élargir les droits et
d’accroître la protection des libertés. Il a néanmoins regretté la suspension des procédures
d’enregistrement des organisations internationales des droits de l’homme. Il a enfin relevé
l’absence de femmes dans la délégation de l’État examiné.
GE.18-11277
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