A/HRC/57/5
73.
La Bulgarie s’est déclarée profondément préoccupée par les violations généralisées
des droits de l’homme en Afghanistan, notamment les restrictions imposées aux droits de
réunion et d’expression, à la presse et aux droits des femmes, des filles et des enfants.
74.
La délégation a indiqué que les graves restrictions imposées récemment aux libertés
d’expression et d’association, à la protection des journalistes et à l’indépendance de médias
pluralistes avaient encore limité l’accès à l’information et les activités de surveillance
menées, souvent au péril de leur vie, par les membres des organisations de la société civile.
Les Taliban ciblaient de plus en plus les défenseurs, et notamment les défenseuses, des droits
humains, les militants de la société civile et les journalistes, générant pour ces derniers,
constamment menacés dans leur travail, une situation d’insécurité et le désespoir. En
s’efforçant de museler l’espace civique, les Taliban comptaient endiguer le recensement et le
signalement des atrocités commises dans le pays, notamment les violations généralisées et
systématiques des droits de l’homme.
75.
Les Taliban surveillaient activement et attentivement les activités sur les réseaux
sociaux afin d’identifier et réprimer les journalistes, les militants ou les dissidents en général
qui s’exprimaient contre eux. Ils ciblaient en particulier les militantes, ainsi que les militants
des communautés minoritaires et leur famille. Les défenseurs et défenseuses des droits
humains et les militants avaient, souvent au péril de leur vie, activement tenu des
manifestations pacifiques pour protester contre le régime des Taliban. Pour réprimer ces
manifestations, ces derniers employaient fréquemment la force de manière excessive et
pratiquaient les disparitions forcées, le harcèlement, les mauvais traitements, la détention
arbitraire et l’arrestation de manifestantes. Nombre de femmes les avaient accusés de les
avoir torturées pendant leur détention. Un nombre important de défenseurs des droits
humains, notamment des femmes, étaient encore détenus arbitrairement, endurant des
souffrances dans les prisons et autres centres de détention sans avoir accès à des soins
médicaux et à un appui juridique. S’exposant à des actes de représailles pour leurs activités
de mobilisation, nombre de défenseurs des droits de l’homme et leur famille avaient été
contraints de quitter l’Afghanistan et de demander l’asile dans des pays voisins. Dans les
pays tiers, les défenseurs des droits de l’homme faisaient face à d’immenses difficultés et à
de graves menaces et avaient désespérément besoin d’une aide financière. Toutefois, le
rapatriement forcé des ressortissants afghans mettait leur vie en danger.
76.
La législation nationale afghane avait naguère offert une certaine protection aux
communautés ethniques et religieuses du pays, d’une grande diversité, en facilitant leur
participation à la vie publique et politique. La disparition de cette protection depuis la prise
du pouvoir par les Taliban avait aggravé la persécution et l’exclusion de ces communautés.
Les attaques visant les minorités s’étaient multipliées ; par exemple, la communauté hazara
avait beaucoup souffert : la Mission d’assistance des Nations Unies en Afghanistan avait
recensé 345 victimes (95 personnes tuées et 250 blessées) d’attaques en un an. Depuis la prise
de contrôle militaire, les personnes handicapées étaient de plus en plus vulnérables.
L’exclusion et le ciblage systématiques de ces groupes mettaient en évidence un profond
mépris pour la diversité et les droits des populations minoritaires d’Afghanistan.
77.
L’Afghanistan avait formulé un plan d’action national visant à aider et à intégrer les
rapatriés et les personnes déplacées, prévoyant notamment de leur fournir un accès sans
entrave aux soins de santé et à l’éducation, que des documents d’identité leur aient été
délivrés ou non. Il avait été également prévu de construire des camps pour personnes
déplacées ou rapatriées, avec les structures nécessaires, telles que des écoles et des hôpitaux,
pour créer des conditions favorables à leur réinstallation. Toutefois, depuis août 2021, les
mesures discriminatoires que les Taliban prenaient contre les minorités et les communautés
marginalisées renforçaient les préoccupations relatives aux droits de ces groupes. Les pays
voisins avaient accueilli pendant plus de deux décennies 7,7 millions de ressortissants
afghans. Le contexte avait radicalement changé en 2021, lorsqu’environ 1,6 million de
personnes avaient été rapatriées depuis les pays voisins, en dépit des recommandations de
non-renvoi formulées par le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés.
L’adoption du Plan de rapatriement des étrangers en situation irrégulière avait abouti à
l’expulsion de plus de 500 000 personnes depuis la fin de 2023.
78.
Depuis leur prise de contrôle militaire, les Taliban empêchaient les femmes et les filles
d’accéder à l’éducation sous quelque forme que ce soit au-delà de la sixième année, ce qui
8
GE.24-09690
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