A/HRC/57/5
8.
Le Ministère afghan de la justice avait créé l’Unité de soutien aux droits de l’homme
pour respecter l’engagement qu’il avait souscrit d’appliquer les recommandations
approuvées. L’Unité avait collaboré avec divers organismes publics et organisations de la
société civile à l’élaboration d’un plan d’action en 2019. Cette collaboration avait mobilisé
les principales parties prenantes. Le plan d’action confiait à des organismes publics donnés
l’application de chaque recommandation. Plusieurs d’entre eux avaient engagé le processus
d’application. Toutefois, celui-ci avait été suspendu, puis abandonné du fait de la prise de
contrôle militaire par les Taliban en août 2021.
9.
Sous le régime taliban, l’Afghanistan restait le pays le plus répressif du monde, en
particulier pour les femmes et les filles, qui continuaient de subir de profondes inégalités
ainsi que les répercussions de la persistance du conflit armé.
10.
Avant la prise du pouvoir par les Taliban, l’Afghanistan s’était engagé à instaurer des
réformes visant à faire progresser les droits des femmes et à parvenir à l’égalité des genres
dans l’ensemble du pays, comme en témoignaient des initiatives telles que la mise en œuvre
d’un plan d’action national en faveur des femmes, compatible avec les différents
engagements internationaux du pays, notamment la Convention sur l’élimination de toutes
les formes de discrimination à l’égard des femmes et les programmes concernant les femmes
et la paix et la sécurité, qui avaient été conçus pour renforcer et promouvoir les droits des
femmes dans toutes les provinces du pays. Les dispositions de la Constitution, notamment
son article 22, interdisaient expressément la discrimination à l’égard des femmes, tandis que
les articles 218 et 409 du Code pénal renforçaient cette interdiction dans le domaine de
l’administration.
11.
La situation des droits civils et politiques en Afghanistan avait profondément évolué
depuis quelque temps. On s’était employé à renforcer et à protéger ces droits consacrés par
les divers cadres juridiques, mais la situation actuelle soulevait de graves préoccupations
concernant la préservation de ces droits du fait des restrictions imposées par les Taliban. La
communauté internationale devait impérativement suivre de près et traiter toute atteinte aux
droits civils et politiques, de façon que toutes les personnes vivant en Afghanistan puissent
exercer leurs droits librement et sans craindre la persécution ou la discrimination.
12.
Les femmes avaient activement participé aux travaux de l’assemblée constituante de
2002 et, entre 2004 et 2019, plus de 30 % des électeurs avaient été des électrices. Avant août
2021, les femmes avaient représenté 27 % des élus de la chambre basse du Parlement, 22 %
des élus de la chambre haute et 30 % des fonctionnaires. Elles avaient occupé des postes clefs
au sein de l’administration, des commissions indépendantes et de l’appareil judiciaire.
13.
L’Afghanistan avait lancé diverses initiatives destinées à combattre les violations des
droits de l’homme et la torture, notamment en adoptant la loi sur l’interdiction de la torture
et en créant une commission de surveillance. Le Code pénal de 2018 avait intégré les
dispositions de la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels,
inhumains ou dégradants et du Protocole facultatif s’y rapportant. Toutefois, les Taliban
avaient annulé toutes les mesures législatives et procédurales visant à combattre et à prévenir
la torture.
14.
L’accès à l’éducation et aux soins de santé avait été sensiblement amélioré avant la
prise de contrôle militaire. L’Afghanistan avait entamé un examen d’ensemble des
programmes d’enseignement nationaux de façon que l’école inculque aux enfants les valeurs
associées aux droits de l’homme. Le dernier plan stratégique national pour l’éducation
(2017-2021) avait été assorti de nouveaux indicateurs permettant de suivre les progrès
accomplis dans le développement du système éducatif.
15.
Toutefois, le courage et la résilience du peuple afghan, en particulier des Afghanes,
représentaient une lueur d’espoir dans une situation bien sombre. Aux prises avec des
difficultés immenses et des épreuves inimaginables, elles n’en étaient pas moins
inébranlables dans leur détermination à défendre leur dignité et leurs droits. Leur résilience
témoignait non seulement de la force qui les animait, mais aussi de l’esprit de l’humanité qui
ne se démentait pas face à l’adversité.
GE.24-09690
3
Sélectionner le paragraphe cible3
Se connecter à un paragraphe
Connect to an entity
Disable highlights
Ajouter à la table des matières