A/HRC/57/5 électoral, dissous les deux chambres de l’Assemblée nationale et réduit à néant tous les progrès accomplis au cours des deux décennies précédentes. 46. Tout en feignant, par souci de légitimité, de garantir le respect des droits humains, en particulier ceux des femmes, des enfants et des minorités, les Taliban avaient fait régresser l’Afghanistan dans un obscurantisme qui avait déjà caractérisé le pouvoir qu’ils avaient exercé entre 1996 et 2001. Leur stratégie avait consisté à démanteler tous les mécanismes indépendants de surveillance et de contrôle de la situation des droits de l’homme aux niveaux national et provincial afin de faire obstacle à la collecte et à la vérification d’informations dans ce domaine et de rendre impossible l’établissement des responsabilités. 47. La lutte contre le terrorisme et les progrès de celle-ci avaient été contrecarrés à la suite de la prise du pouvoir par la force des Taliban. Ces derniers avaient favorisé la mise en place d’un environnement propice à la prolifération de groupes terroristes tels que Al-Qaida, Tehrik-e Taliban Pakistan, l’État islamique d’Iraq et du Levant-Khorassan, Jamaat Ansarullah, le Mouvement islamique d’Ouzbékistan et le Mouvement islamique du Turkestan oriental. Comme indiqué dans le rapport de l’Équipe d’appui analytique et de surveillance des sanctions, le lien entre les Taliban et des entités terroristes telles qu’Al-Qaida et d’autres groupes terroristes était à la fois solide et symbiotique, ces groupes bénéficiant ainsi d’une plus grande liberté opérationnelle en Afghanistan. Les Taliban n’avaient pour ainsi dire pas respecté les engagements pris en matière de lutte contre le terrorisme. Les attaques terroristes persistaient dans tout le pays, ciblant des civils innocents dans des écoles et des lieux de culte, sans que les Taliban ouvrent des enquêtes transparentes. 48. Les Taliban contredisaient eux-mêmes leurs affirmations paradoxales selon lesquelles ils luttaient contre le terrorisme et les stupéfiants. En effet, leurs hauts dirigeants étaient impliqués dans le trafic de stupéfiants et dans la production, la fabrication et l’introduction clandestine de drogues, notamment d’opium, d’héroïne et de méthamphétamines, qui représentaient désormais une part importante des exportations illicites de l’Afghanistan sous le régime des Taliban. 49. La Commission afghane indépendante des droits de l’homme, créée conformément aux Principes concernant le statut des institutions nationales pour la promotion et la protection des droits de l’homme (Principes de Paris) et à la Constitution de 2004, avait joué un rôle essentiel de protection et de promotion des droits de l’homme en Afghanistan. Elle avait eu notamment pour mission de suivre et de vérifier les atteintes à ces droits. Sa dissolution par les Taliban avait privé l’Afghanistan d’une institution nationale des droits de l’homme et les victimes d’atteintes à leurs droits de tous recours juridiques utiles. Étant donné la gravité et l’ampleur de la situation de crise que connaissait actuellement l’Afghanistan dans le domaine des droits de l’homme, il demeurait essentiel de mettre en place un mécanisme indépendant d’enquête en complément des autres mécanismes relatifs aux droits de l’homme existants. 50. La délégation s’est inscrite en faux contre l’affirmation des Taliban selon laquelle ils respectaient les instruments internationaux relatifs aux droits de l’homme ratifiés par l’Afghanistan, affirmation qui était contredite par la publication de plus de 200 règlements, décrets et directives qui rognaient les droits des citoyens. 51. La Roumanie s’est déclarée gravement préoccupée par la généralisation des atteintes aux droits en Afghanistan et l’élimination de la protection institutionnelle des droits, en particulier de ceux des femmes et des filles. 52. La Fédération de Russie a indiqué que le Gouvernement afghan ne disposait pas des ressources nécessaires pour normaliser la situation sociale et économique du fait de la rétention des avoirs afghans par les pays occidentaux. 53. Le Sénégal a loué les efforts déployés par l’Afghanistan pour présenter son rapport national, en prenant note des difficultés qui y étaient soulevées. 54. La Sierra Leone s’est dite gravement préoccupée par la situation des droits de l’homme en Afghanistan, en particulier depuis la dissolution de la Commission afghane indépendante des droits de l’homme et de l’Unité de soutien aux droits de l’homme. 6 GE.24-09690

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