A/HRC/39/6 47. La délégation colombienne a mis l’accent sur la mise en œuvre du Système intégré pour la vérité, la justice, la réparation et la non-répétition. Ce système comprenait la Juridiction spéciale pour la paix, l’Unité chargée des enquêtes et des poursuites, et un volet extrajudiciaire constitué de l’Unité spéciale de recherche des personnes portées disparues dans le contexte et en raison du conflit armé et de la Commission chargée d’établir la vérité et de garantir la coexistence et la non-répétition du conflit. Il ne prévoyait pas d’amnistie pour les crimes contre l’humanité, la violence sexuelle ou les déplacements forcés. 48. Des mesures avaient été adoptées pour réduire la surpopulation carcérale et améliorer les soins de santé en prison. Par ailleurs, des dispositions avaient été prises pour accroître le recours aux assignations à résidence, et pour intégrer une approche différenciée afin de prendre en charge les personnes lesbiennes, gays, bisexuelles et transgenres qui étaient privées de liberté. 49. Près de 3 millions de victimes du conflit avaient bénéficié d’une mesure de réparation. Assurer une réparation collective à plus de 600 communautés ethniques et rurales et organisations sociales demeurait un défi. Environ 89 % des victimes avaient été déplacées, près de 4 millions d’entre elles avaient reçu une aide humanitaire ou une assistance de l’État, quelque 500 000 personnes n’étaient plus en situation de vulnérabilité et 67 000 familles étaient rentrées chez elles ou avaient été réinstallées. 50. Depuis la fin du conflit, plus de 300 000 hectares de terres avaient été restitués à leurs propriétaires légitimes. Le pouvoir judiciaire s’employait à établir la propriété de 500 000 autres hectares. Des progrès étaient accomplis pour garantir les droits fonciers des communautés afro-colombiennes et plus de 50 peuples autochtones en formalisant et en protégeant la propriété et en leur restituant plus de 2 millions d’hectares de terres. En outre, des titres fonciers portant sur 4 millions d’hectares avaient été délivrés à des agriculteurs, dont 53 % étaient des femmes rurales. 51. Quelque 2 423 enquêtes étaient menées au sujet de décès qui avaient été illégitimement présentés comme des individus morts au combat (exécutions constituant des « faux positifs »), et 5 106 soldats avaient été traduits en justice, dont 134 colonels. À ce jour, 1 683 membres de forces armées avaient été condamnés. Entre 2016 et avril 2018, la Fiscalía General de la Nación avait reçu 261 signalements de meurtres de défenseurs des droits de l’homme, dont 41 % avaient été résolus. Des progrès avaient été accomplis dans la résolution des affaires d’homicides de syndicalistes, de journalistes et d’ex-combattants des Forces armées révolutionnaires de Colombie − Armée populaire (FARC-EP) et de leurs proches. On avait également avancé dans des affaires concernant la violence intrafamiliale, la violence sexuelle et la traite des personnes. 52. Dans le cadre du renforcement institutionnel, la Fiscalía General de la Nación avait renforcé sa présence ainsi que l’accès des citoyens à la justice dans 151 municipalités. En outre, elle avait présenté un rapport de synthèse sur les affaires de violence sexuelle dans le contexte du conflit armé à la Juridiction spéciale pour la paix. S’agissant de l’utilisation d’enfants pour la commission d’actes délictueux, plus de 500 condamnations avaient été traitées. Dans le domaine des disparitions forcées, 8 990 corps avaient été récupérés, dont 4 296 avaient été dûment identifiés et remis aux familles. Le plan pour l’ouverture effective d’enquêtes et l’engagement de poursuites de tiers civils et d’agents de l’État liés aux groupes armés illégaux, y compris à leur financement, avait été mis en œuvre. 53. Les forces armées et la police continuaient d’œuvrer de concert afin de construire et de maintenir une culture du respect des droits de l’homme dans le cadre d’une nouvelle politique globale sur les droits de l’homme et le droit international humanitaire. Cette politique comprenait une sensibilisation des agents de l’État à la diversité ethnique et culturelle de la population, et une sensibilisation des conseillers juridiques aux opérations de la police et de l’armée. Il existait également une politique sectorielle axée sur l’égalité des sexes au sein des forces armées. 54. La France a noté que l’accord de paix de 2016 répondait à nombre de recommandations que la Colombie avait reçues lors du précédent cycle d’examen, et a proposé de l’aider à poursuivre ces efforts. 6 GE.18-11276

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