A/HRC/48/13
s’annoncent elles aussi préoccupantes. La réduction des recettes publiques qui s’en est suivie
a entraîné une diminution des ressources dont disposait le Gouvernement pour honorer ses
obligations en matière de droits humains. Le Gouvernement a engagé une politique de
redéploiement visant à amortir les retombées économiques négatives, concentrée sur trois
grands objectifs : maintenir l’économie à flot, dynamiser le secteur productif, et préserver le
pays de la COVID-19. Néanmoins, sans efforts soutenus de la part des partenaires de
développement sur la voie de la relance économique, la pandémie pourrait dans un avenir
assez proche donner un coup d’arrêt à l’économie salomonaise.
92.
En tant que « petit État insulaire dans un grand océan » confronté à des contraintes
géographiques, les Îles Salomon étaient socialement et économiquement vulnérables.
Elles continuaient d’appeler à mettre un terme aux pratiques encourageant la surpêche dans
leurs eaux, notamment les subventions préjudiciables au secteur de la pêche accordées par
des pays lointains. En outre, la pollution mettait en péril l’ensemble de l’écosystème, ainsi
que les moyens de subsistance et le devenir économique des habitants des Îles Salomon qui
en dépendaient.
93.
Dans l’ensemble, les conséquences les plus connues des changements climatiques ont
toutes eu un impact sur les Îles Salomon. La surexploitation des ressources en bois a aggravé
la menace d’inondation pesant sur les communautés locales et exposé les terres déboisées et
les villages à des vents plus forts, compromettant ainsi les activités agricoles et accroissant
la vulnérabilité des zones habitées en cas de tempête. En outre, cinq îles inhabitées ont
disparu en raison de l’élévation du niveau de la mer, et de vastes étendues de terre ont été
inondées dans six îles habitées. Les communautés résidant sur des atolls de faible élévation
restaient en danger d’être submergées par la montée des eaux. C’est donc le droit des
habitants des Îles Salomon à la survie lui-même qui était menacé.
94.
Les îles éparses composant le pays, ainsi que la nature de son relief géographique,
faisaient du développement et de la gouvernance une entreprise onéreuse. De plus, les coûts
élevés en matière de transport et de communication rendaient très difficile la collecte de
données. La disponibilité de données contrôlables et fiables posait toujours problème, et les
Îles Salomon étaient décidées à continuer de solliciter l’aide de leurs partenaires afin d’y
remédier.
95.
Concernant les partenariats, comme l’a souligné le rapport national, il était important
de commencer à s’affranchir d’un assistanat qui tendait à privilégier le recours à des
consultants et à des ateliers. Il fallait au contraire commencer à envisager des projets de
transformation qui soient durables à long terme et qui contribuent à l’émancipation
économique, en particulier de groupes vulnérables tels que les femmes, les jeunes, les enfants
et les personnes handicapées.
96.
En termes de coopération avec les organes conventionnels relatifs aux droits de
l’homme, les Îles Salomon faisaient appliquer la Charte des Nations Unies et la Déclaration
universelle des droits de l’homme en tant que composantes inhérentes à leur démocratie.
Les Îles Salomon avaient ratifié quatre des neuf instruments fondamentaux relatifs aux droits
de l’homme et y avaient adhéré. Elles étaient en outre signataires de la Convention relative
aux droits des personnes handicapées. Divers cadres législatifs et politiques, ainsi que des
stratégies et programmes nationaux, avaient été mis en place dans le but de promouvoir, de
protéger et d’intégrer les principes de ces instruments relatifs aux droits de l’homme.
Il s’agissait notamment de la politique nationale de l’enfance, la politique nationale d’égalité
des sexes et de promotion des femmes, la politique nationale visant à éliminer la violence à
l’égard des femmes et des filles, la politique nationale de la jeunesse et la politique nationale
de promotion inclusive des personnes handicapées. Ces instruments témoignaient de la
détermination du pays à faire respecter et à protéger les droits de sa population.
97.
Le Comité consultatif national des Îles Salomon pour la Convention sur l’élimination
de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes et le Comité consultatif national
pour l’action en faveur de l’enfance, avec le soutien d’organisations non gouvernementales
et de la société civile et d’agences des Nations Unies, avaient été chargés de superviser
l’application des lois et politiques pertinentes dans le cadre de l’engagement de l’État à mettre
en œuvre les principes de la Convention sur l’élimination de toutes les formes de
discrimination à l’égard des femmes et de la Convention relative aux droits de l’enfant.
GE.21-08677
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